1999 l'année de mes 14ans, année difficile qui a vu mon départ dans un foyer à Arras, il s'appelait La Charmille. Principalement adapté aux filles (enfin je veux dire de mon âge quoi...)car généralement les garçons recueillis étaient dans le groupe des petits ! En fait, je n'étais pas bien chez mes parents, ils ne s'occupaient pas de moi, à part pour faire le ménage à la maison, c'était pour eux m'apprendre les vraies choses de la vie, ils me faisaient même des mots d'absence pour que je fasse le ménage ! Mais moi j'avais envie qu'ils s'occupent de moi, mais surement parce que nous étions une famille de 8 enfants ils avaient un peu de mal qui sait ! Mais souvent ils étaient dans des histoires tout le temps alors j'ai voulu m'enfuir et surtout me sentir mieux. Une assistante sociale me suivait à l'époque car ma famille est une famille à problèmes mais quelle famille n'en a pas Hihihi !!! Nous sommes dans le Pas de Calais alors voilà ... J'ai demandé à l'assistante sociale pour que le juge des enfants sur Bethume me place , pourtant j'étais déjà avec Dany et même si il était hébergé par mes parents, parfois je n'étais pas vraiment heureuse avec lui mais je l'aimais... Personne même pas lui ne voyais que j'étais pas bien, j'ai même fais des bêtises sans réfléchir parce que j'en avais marre ! Tout le monde se foutait de ce que je faisais, du moins c'était l'impression que j'avais, même quand je prenais des cachets avec de l'alcool, une façon idiote de crier au secours c'est sûr mais personne m'écoutait, ni me voyait, j'aurais tant voulu... Alors j'ai préféré partir, je m'étais dit que je voulais changer de vie et le foyer c'était la seule solution... Enfin j'espérais parce que j'avais envie d'une autre vie, je sais pas si vous comprenez ce que je veux dire mais bon c'est comme ça.... Avant de partir , j'ai voulu demander à mon père de me faire une coupe, enfin juste égaliser sur le devant. J'aurais pas du, comme d'hab il m'a loupée, ça ressemblait à rien et moi j'avais les nerfs mais bon j'ai fait avec et j'ai tapé le genre bandeau, ni vu, ni connu héhéhé !!!!! Futée la mouche non ?! Et me voilà, ce fameux jour d'arrivée au foyer, je ne connais personne, c'est affreux j'ai grave mal au ventre, vraiment je bédave trop !!! Peu à peu je me suis sentie rassurée, ils étaient gentils, mais bon j'étais pas fière vraiment... Angélique partageait une chambre avec moi, c'était ainsi dans un foyer on décide pas et on réclame pas, on accepte parce que c'est déjà bien d'être acceuillie quand on fuit une vie ! au début elle était très chaleureuse et même amicale malheureusement cela n'a pas duré sniffff !!! Très vite, les embrouilles sont arrivées, c'était des trucs de rien mais qui faisait que on était pas bien, je me souviens même pas des raisons comme quoi ç'était pas important mais ça détruisait l'ambiance en tout cas ! Les éducateurs avaient bien vu et j'ai fini par avoir une chambre individuelle youpee!!!! Mais je voyais que les filles m'appréciait de moins en moins au fil des jours, ou peut être que je l'imaginais car je reconnais que j'étais renfermée et moi les chichis de fille ça me soulait, j'étais peut être trop sérieuse, peut être trop mature pour mes 14 ans ! Mais quoi j'y pouvait rien j'étais comme ça c'est tout ! Et puis j'ai connu Céline, rejetée parce qu'elle était grosse, alors isolée et nous sommes devenue copines. je l'écoutais et elle m'écoutait bref on se comprenait. Nous avions réunis nos deux solitudes, nos deux mal d'être... Mon premiers jours de cours dans ce collège inconnu, elle était là je me sentais moins perdue et surtout rassurée ! Tout le monde se connaissait, personne me connaissait et j'étais de la plus grande taille dans la classe, je pouvais pas passer inaperçue, comment j'aurais voulu être plus petite à cet instant hihihi !!! Mais grrrrr et snifffff en même temps ouarf ! ouarf ! ouarf !! Et je le croyais même pas, vl'a un stroumpf de la classe qui s'avance vers moi et me dit" tu veux pas sortir avec moi ?" Mdr !!! Mais bon, je l'ai recalé... "Heuuu non, j'ai quelqu'un dans ma vie " Ben oui Dany, mais je crois qu'il se génait pas pour ça lui ! Quand je revenais le week end chez mes parents j'avais droit aux cassettes enregistrées des fiestas quand il était bourré et qu'il faisait la fête avec ma propre soeur qui le collait grave ! Mais je me taisais car tous les week end j'avais droit à la fameuse lettre de rupture comme quoi il ne m'aimais pas ! A moins qu'il m'en veuille parce que j'étais partie, je me sentais fautive... Il ne m'écrivait jamais aucun mot d'amour, enfin du moins très peu pour avoir un retour surement , comme un simple je t'aime sur une feuille de papier, moi je suis romantique genre love story, lui carrément froid et insensible du moins c'est ce qu'il me faisait voir. Je lui ai donné tout ce que je pouvais, j'ai accepté tant de choses mais quand on aime on pense d'abord à l'autre avant soi enfin c'est ma vision des choses... Lui me disais que je devais revenir chez mes parents sinon il me quittait pour aller sur Paris. J'ai pas voulu le perdre alors j'ai écrit au juge... J'ai eu de la chance, elle a bien voulu accepter mon choix et je ne suis rester que 4 mois dans ce foyer. Aujourd'hui je regrette ma décision d'avoir quitter le foyer, j'aurais peut être eu une vie meilleure qui sait ? J'ai deux enfants maintenant et au bout de neuf ans avec lui, je ne suis pas heureuse et je me bats tous les jours pour préserver mes enfants, tenter de leur apprendre des règles de vie alors que seule c'est difficile... Je ne me plains pas, il ne faut pas regretter les erreurs du passé mais plutôt s'en servir pour avancer et surtout bien réfléchir avant une décision. On a toujours du mal à imaginer les conséquences de nos choix mais il faut positiver et ne pas oublier qui on est, je l'ai fait, j'en paye le prix... Alors quelque soit le problème il faut avancer, toujours avancer !
Tu sais parler de choses malheureuses avec le détachement enthousiate de ne pas s'y laisser enfermer. Une vie pas forcément rose, mais tu sembles tant toujours rebondir et reprendre ta vie en main. Quelle belle leçon de courage et de volonté !
On ne peut que s'émouvoir et remarquer que malgré tout tu pardonnes beaucoup de choses et tu ne vis que dans l'espoir !
Bravo pour cette attitude !!!!
On ne peut lire ce billet sans laisser une trace de son passage (être seulement un n° sur le compteur de visites révèle une froideur de coeur).
Tu as beaucoup de courage. Tu sais les mots/maux pour parler de ton passé, de ton présent et supposer ton futur. Cette force d'analyse va permettre ton épanouissement. Rien ne compte plus au monde que l'épanouissement de soi (et laisse le monde extérieur vivre sa vie !).
Il faut cultiver TON jardin ! Cela se passe par l'épanouissement/ la reconnaissance de ton entourage : telles des plants/plans, aider tes enfants à construire leur avenir, arroser leur innocence de ta propre expérience (bouturer en eux ce même sens de l'analyse et non les protéger de tes mots/maux).
Ainsi chaque jour qui passe, tes plans/plants/enfants et toi vous vous épanouirez, créant une force motrice en toi capable de trouver un autre coin de jardin mieux exposé :)
C\'est le titre d\'une chanson aux accents beaucoup gais plus que ceux que j\'ai perçus de cette lecture..
<br>Quelle désolation de voir une adolescence gâchée par un entourage peu sensible aux douceurs de l\'âme.
<br>Un récit sans haine, ni violence. Tout au plus néanmoins une certaine amertume.
<br>Et dans le même temps une volonté qui s\'affirme de ne pas faire un trait non plus sur la jeunesse.
<br>Quelle belle leçon de vie que ce témoignage !
<br>Je suis plus que jamais plein de respect et d\'admiration!
Ce vécu, les assistantes sociales, les juges pour enfants, les foyers, les éducateurs et cette sensation de rejet. Du manque d'amour qui laisse des traces, de la sensation qu'on a dû rater quelque chose quelque part, le coche sans doute mais qui sait si la vie n'aurait pas pu être pire en suivant une autre voie aussi ? En tout cas, tu es une jolie maman alors donnes leur tout l'amour à tes choupinous, et penses à toi aussi, beaucoup...